BD – Spirou, l’espoir malgré tout – Émile Bravo.

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La sortie de la deuxième partie de L’espoir malgré tout, le Spirou d’Émile Bravo chez Dupuis, confirme avec force que cette série (qui comptera quatre parties) est déjà sans aucun doute l’une des meilleures séries de la BD francophone de ces dernières années.

Oubliant Champignac et le Marsupilami, l’auteur plonge notre jeune héros et son imprévisible comparse Fantasio au coeur de la seconde guerre mondiale en Belgique. Montée du nazisme et conséquences sur la population, questions existentielles, faim, peur, système D, petites et grandes lâchetés quotidiennes, découverte d’un héroïsme qui consiste déjà à rester en vie : les deux premiers albums offrent un vertigineux voyage au coeur de l’âme humaine, de ses contradictions, de ses doutes, de ses troubles.  Toute ressemblance avec des sujets de sociétés actuels ne saurait être une simple coïncidence…

Au-delà de ses évidentes qualités graphiques (quelles couleurs, quels décors !) et de son intérêt historique (qui parmi vous s’est vraiment intéressé à la Belgique pendant la seconde guerre mondiale ?), la première moitié de cette oeuvre (oui  oui, une oeuvre…) brille et fascine par son intelligence et touche par son humanisme profond.

Porté par un double regard (un enfant découvrant la vie d’adulte, et un adulte encore passablement enfantin), L’espoir malgré tout est un superbe roman graphique d’apprentissage, drôle, émouvant, et d’une modernité totale. Pour les grands et les enfants qui seront probablement ravis de ne pas être pris uniquement pour des gamins.

Émile Bravo, comme son nom l’indique.


© Matthieu Dufour


Présentation de l’éditeur


L’espoir malgré tout – Deuxième partie

« Automne 1940. Spirou arrive à convaincre Fantasio de ne pas prendre le train pour partir travailler en Allemagne. Mais les temps sont durs et Spirou est menacé d’expulsion par le prêtre qui lui loue une chambrette. C’est alors qu’il a une brillante idée : avec Fantasio, il va monter un théâtre de marionnettes itinérant pour donner un peu de joie aux enfants qui n’ont rien d’autre à faire que de subir (ou jouer à) la guerre. Félix et Felka, le couple de peintres juifs allemands exilés à Bruxelles, les aident à réaliser les décors, et Fantasio, esprit débordant de créativité, écrit des contes pleins de violence et de gueuletons. Le spectacle plaît beaucoup à M. Henri, un mécène, qui les engage pour qu’ils aillent jouer un peu partout en Belgique. Et c’est ainsi que Spirou et Fantasio partent à vélo sillonner le pays avec leur théâtre itinérant. Mais Fantasio va tomber amoureux, et son comportement et ses secrets vont commencer à attirer de graves ennuis à Spirou. »


L’espoir malgré tout – Première partie

9782800160986-couv-M800x1600« Janvier 1940. Un hiver particulièrement rude s’est abattu sur Bruxelles. Alors que tout le monde attend avec appréhension l’arrivée imminente de la guerre, Fantasio s’est engagé dans l’armée belge. Dans la forteresse d’Ében-Émael, il est impatient d’en découdre et ne doute pas une seconde que les armées française et britannique écraseront l’armée allemande…

Quant à Spirou, il est toujours groom et continue de vivre le plus normalement possible. Sa rencontre avec Felix, un peintre juif allemand dont les nazis ont jugé l’oeuvre « dégénérée », et Felka, sa femme, va lui faire découvrir la « question juive » et la complexité de la situation internationale.

Quand la guerre éclate, Fantasio cherche à servir la patrie le plus héroïquement possible. Spirou, lui, essaye de comprendre la complexité de la situation à travers des rencontres avec des personnages profondément humains et tente de se rendre utile en étant fidèle à ses valeurs. »