À suivre – Sopop (EP).

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Cela fait déjà plusieurs mois que le EP de SoPoP s’est installé dans ma pile « À écouter », souvent vers le haut, jamais complètement sur le dessus, toujours en bonne compagnie. Une première écoute rapide avait laissé entendre suffisamment de jolies choses pour me convaincre de ne pas lâcher l’affaire même si je dois l’avouer, la paresse avait gagné la partie en cette fin d’année.

Mais les mélodies impeccables du trio, les délicates compositions parées de cordes élégantes, la très belle voix de Morgane Cabot, ce grain qui touche et émeut, cette jolie façon d’assembler fondamentaux pop et savoir-faire classique dans un équilibre harmonieux et tout en nuances, avaient visiblement laissé une empreinte dans mon cerveau encombré car c’est avec une évidente familiarité et un délicieux plaisir non coupable que je me suis de nouveau aventuré sur leur terrain de jeux de l’amour et du hasard. Juste au bon moment.

Lendemain de fête, au milieu des décombres, des gravats, bouffi, lassé des excès et de l’agitation, alors que la gueule de bois laisse encore planer son ombre menaçante, que la fête est finie et que le froid s’installe pour de bon avec les polémiques en tout genre, ces cinq titres attachants me semblent être ce soir le remède idéal pour cette léthargie neurasthénique qui est doucement en train de plomber le début de l’année. Comme une irrépressible envie de douceur, de câlins mélodieux et d’un soupçon de romantisme.

Quoi de plus réjouissant que d’entendre ces jeunes filles ressusciter à leur manière l’esprit de quelques artisans pop qui savaient si bien nous parler de notre joyeuse mélancolie, de nos spleens soyeux, de nos espoirs éphémères et de nos joies floutées. Cinq titres, un éventail arc-en-ciel d’émotions encordées depuis un Boy entêtant façon tube de l’été qui s’annonce, ritournelle enivrante, jusqu’à The devil’s gone, vibrante composition portée par des cordes superbes et un piano enveloppant, en passant par Goodbye, duo frissonnant avec Guillaume Charret (YuLes), l’irrésistible montée de The Deal ou encore un Tell me qui donne envie de tout avouer.

Un vrai plaisir doux et simple, authentique, tour à tour pétillant, rêveur et planant, à saisir sans arrière-pensée, sans manières, pour passer dimanche prochain au chaud loin des rabat-joie, sous un plaid à regarder la pluie battre le pavé en s’autorisant à rêver comme avant. Un bonbon acidulé à portée de main.

SoPop, comme son nom le dit si bien.