Interview – Camille Bénâtre.

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Camille Bénâtre by Maud Octallinn


Camille, peux-tu nous parler de ton actualité ?

J’ai enregistré un nouvel album cet été. Avec quasi-uniquement des guitares acoustiques et du piano droit. L’idée étant de pouvoir jouer les morceaux seul sur scène facilement. Ainsi je m’embarque à partir d’octobre pour des dates en solo acoustique.

Quelles sont tes sources d’inspiration, comment composes-tu ?

Beaucoup de choses. De récentes lectures, des films ou ce que j’entends à la radio. J’ai très souvent la radio allumée chez moi (ça peut aller de France Culture aux résultats de foot sur RMC) et même si je n’écoute que d’une oreille, il y a parfois une phrase qui m’accroche et peut faire l’amorce d’une chanson. Ensuite je mélange ça avec les mélodies qui me trottent dans la tête au même moment et le sentiment dominant. Le climat actuel, les sirènes de police incessantes (là ou j’habite) sont aussi des sources d’inspirations. Sauf exception, j’écris vite et je retouche très peu.

Pourquoi avoir accepté l’invitation de Nesles à cette soirée Walden ?

Je suis tombé sur une des compilations Walden et j’ai trouvé sa sélection excellente. Je l’ai donc contacté et après avoir écouté mon premier 10 titres sorti avec La Souterraine l’an dernier, il m’a proposé d’ouvrir pour l’une de ses soirées.

Tu fais partie de la « génération » souterraine, génération n’étant pas nécessairement à prendre au sens d’année de naissance, tu es dans le Sud-Ouest où vivent également un certain nombre d’artistes de cette mouvance : vous vous côtoyez, vous travaillez ensemble, il y a une forme de solidarité ?

Effectivement, il y a un important ‘foyer souterrain’ à Toulouse principalement autour d’Aquaserge et des différents projets qui gravitent autour. Les compilations et « Mostla Tape » de la Souterraine au-delà de diffuser la musique des uns et des autres, ont permis des rapprochements, comme la collaboration de Thomas Pradier (nous nous connaissions de nos groupes respectifs avant de sortir quoi que ce soit en français) et moi-même sur le dernier disque de Laure Briard sous la houlette d’Eddy Crampes. Pour les deux derniers, on ne se connaît personnellement que depuis un an.

Je joue aussi régulièrement dans le groupe de Thomas, lui joue maintenant avec Barbagallo (comme François d’Abberline qui tient les claviers sur l’album de Laure) sans oublier d’autres très bons groupes toulousains (pas forcément dans le radar de la Souterraine) comme Asphalt, Marie Mathématique ou le Common Diamond.

L’idée de génération est pertinente, la plupart des gens de ces groupes (et ceux que j’ai pu croiser ailleurs) sont nés dans les années 80.

Quel regard portes-tu sur l’exercice de la musique aujourd’hui ?

Difficile de répondre, car je ne peux pas vraiment comparer avec une époque beaucoup plus ancienne. En ce qui me concerne, la même chose m’intéresse depuis que j’ai 18 ans : écrire des chanson. Beaucoup de choses évoluent concernant la diffusion (les réseaux sociaux depuis MySpace, le retour du vinyle, le streaming…) mais l’important reste d’essayer d’avoir des chansons qui tiennent debout.

Un chanteur est voué à tout faire lui même ou presque : démarcher, faire la promo, etc. Tu as à l’aise avec ça ?

C’est vrai. En tous cas à mon niveau. C’est passionnant et à la fois si on réfléchit un peu ça fait une dizaine de métiers en même temps : l’enregistrement, parfois le mixage, les visuels, le booking, la promo, la régie technique, le scénario des clips etc., etc.

J’ai un petit tableau Velleda sur lequel je note les choses à faire et il y a toujours un coup de fil à passer ou des mails à envoyer…

Parfois je délaisserais bien certaines tâches parce que ça prend un temps fou mais au moins ça permet d’avoir le contrôle. Le DIY comme on dit en bon français.

Tes projets ?

Je rentre de Champagne-Ardenne où nous avons tourné un documentaire avec Maud Octallinn. Elle en dira sans doute plus bientôt (elle en est l’initiatrice) et le résultat devrait être visible en 2017. On a d’ailleurs enregistré ensemble un EP cet été à Toulouse qui sortira sans doute aussi l’année prochaine.

Il y aura également bientôt du nouveau avec mon groupe Alone With Everybody.

Ton chanteur, groupe, artiste fétiche ?

Josh Rouse. Mon songwriter préféré. Il fait la plus belle synthèse entre la pop 60’s, la folk, l’americana et… les Smiths. Il est considéré comme un second couteau, ce qui me plaît assez.

Une récente découverte sur laquelle tu as flashé ?

Julia Jacklin ; son album Don’t let the kids win sonne comme un lendemain de soirée un peu trop arrosée. Du désenchantement léger, d’une très belle voix.

Merci Camille.


Retrouvez Camille lors de la Soirée Walden samedi 22 octobre à La Manufacture.