A suivre – Olaby – Scint.

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Fin de saison.

Une fois encore.

Se faire une raison.

Les chairs à peine cicatrisées, les cœurs entre deux eaux.

A l’horizon, les contours incertains d’un déjà-vu. Au-dessus de nos têtes en l’air, des constellations de prénoms oubliés et de regards froissés. Rite annuel et confusion des sentiments. Heureusement, je ne suis pas seul sur la route du retour. A mes côtés, ces semaines passées trop vite malgré ces heures perdues à se demander quoi faire. A mes côtés, le souvenir de ses pieds dorés et rieurs sur le tableau de bord. Au loin, pas encore de destination, juste une litanie de promesses qui ne seront probablement pas tenues. Dans le rétro, la ligne de départ s’est évanouie dans les vapeurs de cocktails multicolores partagés jusqu’à plus soif. À terre je distingue encore l’empreinte de nos tentatives maladroites. Les restes de nos paroles consumées. Dans l’air brûlant flottent encore les reflets de tous ces baisers volés en rêve, de ces pas hésitants, de ces mains échappées, de ces corps frôlés, de ces verres de trop, de ces regards évidents, de ces mots gardés. En filigrane, les silhouettes fuyantes des fantômes de l’été lancés à la nuit montante dans une course aux souvenirs floutés. Et tout autour, un kaléidoscope de paysages sans début ni fin. Un éternel retour. Le décor de mes jours. Et de mes nuits.

Neptune 89, en boucle dans les oreilles.

L’été commence à peine qu’il se termine déjà avec ce titre à la nostalgie lumineuse, tranquille et bienveillante. L’EP d’Olaby scintille dans l’obscurité tombante quand les échos parfois lointains de sa voix s’immiscent dans nos rêves d’une nouvelle ère à imaginer. En attendant, en équilibre précaire sur le muret d’une conscience encore brouillée par tous ces élans contradictoires d’une saison qui s’achève, les mélodies électro–dream-pop joyeusement planantes de Scint m’enveloppent d’une douceur chaude et souriante. Elles me répètent à l’envie que je suis encore un enfant si je veux. Que les back flips au bord de cette piscine creusée au milieu de la garrigue ne sont pas si loin. Elles font remonter à la surface l’odeur des cyprès, les effluves des agrumes, les chants des enfants et les rires des soirées qui s’étirent.  5h20 accueille les aubes impatientes et pourtant sereines, les espoirs déçus, les clopes défuntes et les doutes entretenus. Scint emporte sur son passage les vieux polaroids jaunis d’une improbable virée le long de gorges au calcaire entaillé par des siècles d’échappées plus ou moins belles. Fla, USA ralentit le temps, déploie des corps tordus dans la moiteur d’un club envouté et lance un cabriolet rutilant dans l’humidité ambiante d’une ville assoupie. Katikias rallume l’électricité d’un été libre, insouciant, vibrant. Neptune 89 sème délicatement ces émotions sur le chemin du retour. En profiter. Tant qu’il est encore possible de se retourner sur ces jours filés sans être changé en pierre.

Scint, la bande-son rêveuse idéales des semaines à venir.


© Matthieu Dufour


Page Facebook d’Olaby


 

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