Actu – « Dédale » – That Obscure Object Of Desire (clip).

1.originale

La semaine dernière on a beaucoup aimé « Dédale » l’hypno-clip magnétique de That Obscure Object Of Desire (TOOOD pour les intimes ou les feignants) mis en ligne pour accompagner la sortie de leur single. Le groupe n’a jamais aussi bien porté son nom qu’avec cette plongée en apnée de 3:50 dans le labyrinthe de nos obsessions sentimentales plus ou moins conscientes, course en slow motion dans l’oeil du cyclone de nos émois, à la poursuite de nos irrationnels fantasmes de chair et de possession, insatisfaite exploration de nos faiblesses et de nos tentations maladives, trip chic et claque, mise en boîte implacable des tensions latentes de nos amours, mise en abime de nos erreurs passées, jeux de dupes et leurres bleus, au jeu du chat et la souris, ce n’est pas toujours le plus fort qui sort vainqueur des ténèbres de ce dédale intraitable et piégeux, mais le plus possédé, le plus volontaire, le moins sage. Sombre mais éclairé, preuve que le noir possède bien toutes les nuances d’une couleur, celle des désordres du désir. Si l’on retrouve les délicieuses textures sonores et l’ambiance du trip-hop lascif et addictif du duo, mélange oxymorique de glace et de feu, de force et de fragilité, de distance et d’intimité, entre le vertige des profondeurs et celui des sommets, la voix funambule d’Astrid Karoual fait des merveilles en français et donne très envie de conclure un pacte faustien. « Laisse ton corps entre mes bras, reste encore ici bas » : c’est très tentant Astrid.

« Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la beauté. Toute la place est pour la beauté. »

René Char