Chronique – Marie Sigal – The Nature Of.

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Attention enchantement. The Nature of de Marie Sigal peut causer des dommages irréparables aux âmes sensibles et aux grands rêveurs. A la façon des enchanteresses, des sirènes ou des illusionnistes, la très talentueuse Toulousaine peut aisément vous faire croire que vous régnez sur une vallée perdue à l’autre bout du monde, égaré dans une contemplation mystique de la nature luxuriante qui vous entoure, ou que vous avez quitté la terre ferme pour aller voler le cœur léger au milieu d’étranges volatiles à l’allure plutôt angélique. Son univers est personnel et poétique, une musique à la fois raffinée et légèrement baroque, souvent envoutante, alors inutile de convoquer les esprits ou les noms des illustres magiciennes de la voix, le beau talent de Marie Sigal se suffit à lui-même et devrait lui permettre de très rapidement s’émanciper d’éventuelles références. Singulière dans sa précision, dans sa gestion des ruptures, des silences ou des variations, elle convainc d’emblée et propose une grande petite musique que chacun pourra adapter à ses propres rêves de beauté et d’apaisement. Une voix chaude et captivante, mystérieuse, complice, qui vous embarque en douceur dans un grand huit émotionnel assez troublant. Savante mais accessible, sa pop folk acoustique fait la part belle aux cordes, aux percussions et évidemment aux voix qui viennent se lover dans les creux et les recoins de ces compositions émouvantes pour mieux rebondir, jaillir et éclater dans une explosion de joie sereine. Du travail d’artiste, d’artisan, minutieux et soigné pour mieux laisser l’émotion s’emballer. Intemporel et vraisemblablement à l’épreuve du temps, un disque sorti au printemps dernier et que je ne découvre que maintenant mais risque de s’avérer précieux pour réchauffer le cœur de l’hiver s’il devait se révéler dur et glacial.