Chronique – ALGO – The Misunderstanding (EP).

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Il y a le tout venant, le commun, le banal, le routinier, les matières basiques, le coton même pas bio, le contreplaqué, le crépis, le plastique Made In China, et tous ces objets sans âme, froids, plats. Puis il y a les velours confortables, les soies nobles, les laines rares, le précieux, la chaleur lumineuse des reflets dorés, les brumes légères et enveloppantes, la tendresse, l’authenticité, la noblesse simple. A n’en pas douter, ALGO fait partie de cette seconde catégorie. Son magnifique EP est le remède idéal des lendemains qui déchantent et des gueules de bois hivernales. Rempli de compositions délicatement dessinées, finement arrangées et somptueusement orchestrées, The Misunderstanding illuminera vos samedi gris et accompagnera parfaitement vos dimanche au coin du feu. Un régal pour les esthètes, ceux qui, de The Divine Comedy à Belle And Sebastian, espèrent encore qu’il y a de la lumière au bout du tunnel, ceux qui n’ont jamais renoncé à une forme de beauté classique et tricotée main, ceux qui apprécient les travaux d’orfèvres et autres artisans d’art. Car c’est bien d’art qu’il s’agit ici. L’art de ces voyages immobiles, l’art de mettre en musique avec justesse et raffinement nos émotions vagabondes, l’art d’arranger le quotidien avec une touche de merveilleux. L’art de ne pas trop en faire préférant la précision et la pertinence à la surabondance et à la surenchère. Chacune des chansons de cet EP est une perle délicatement travaillée pour faire ressortir le meilleur d’entre nous. En ces temps de colère, de grisaille et d’emportements, le travail d’ALGO s’avère « priceless » comme diraient leurs cousins d’Outre-Manche. Une certaine idée de la pop, une certaine idée de la douceur de vivre en accord avec ses émotions les plus sincères. There is A Light That Goes Out. Eventually.


Matthieu Dufour