Chronique – Teleferik – Lune Electric.

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Lune Electric de Teleferik fait partie de ces délicieuses surprises de nos vies multi-et-interconnectées. Un pied dans les bars pour aller écouter Jarvis Platini, une main sur le clavier au moment où Eliz Murad, dont le visage vous dit vaguement quelque chose pour l’avoir croisée justement à ce live, vous contacte. Et voilà un album dont vous ne savez rien qui déboule sans crier gare et balance son blues-rock-soul-psyché du tonnerre dans votre casque. Un disque à écouter fort et très certainement sur scène tellement le potentiel sonique et l’enthousiasme transpirent par toutes les pores de ces dix titres tous plus emballants les uns que les autres. Porté par la voix impressionnante d’Eliz qui chante aussi bien en anglais qu’en arabe ou en français, dopé par les guitares franches et survitaminées d’Arno Vincendeau, Lune Electric nous convie à un trip spatio-temporel coloré autour de la planète rock oscillant entre blues mystique et trip psyché, orientalisme soul et onirisme planant, années 70 et 21ème siècle.

Une musique qui va bien au-delà des apparences du revival, de l’air de la déjà-mille-fois-entendue « fusion » et des simples (enfin façon de parler) performances vocales de la chanteuse comme le prouvent deux instrumentaux assez canons Milk shake (j’avoue un faible pour cette mélodie réjouissante) et le planant Beaumont. Difficile, à moins d’être bouché, victime d’une ablation des conduits auditifs ou cynique et blasé, de résister à Belham Fik, Bomb’s and Rockets, Nature’s Creatures comme autant de tubes potentiels ou au charme envoutant de Mara ou de l’atmosphérique et tripant Mystic Machine (en français dans le texte). Au final, un bon gros coup de cœur et une musique franchement convaincante car sincère, énergique et pleine de « soul ». Un disque qui fait du bien à nos âmes grises errant au milieu des ténèbres et réchauffe nos carcasses à peine cicatrisées au cœur d’un hiver qui ne fait que commencer.


Matthieu Dufour