PRINCE : REQUIEM POUR UNE ASTÉROLIDE (by Anna Plassan).

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Donna avait l’impression d’avoir attendu ce jour toute sa vie.

Partout, les affiches du prochain concert de Prince s’étalaient sur chaque surface carrée de la petite ville de Red Bank.

« JE COUCHERAIS AVEC LUI PUIS JE MONTERAIS ME PENDRE DANS LE GRENIER », avait-elle écrit en lettres majuscules dans son journal intime, le 12 Février 1985.

Elle allait bientôt avoir 15 ans.

Le soir du concert, le 16 février 1985, elle sorti par la fenêtre de sa chambre dans une minuscule robe verte à paillettes, perchée sur d’immenses plateformes disco dorées en faux croco et entra sans problème au Sapphire, la boîte branchée locale.

Prince la repéra tout-de-suite, dans la lumière des stroboscopes. Son visage d’ange surgissait de la foule comme une révélation. Il s’agenouilla sur la scène et chanta pour elle en lui tenant la main.

Après le concert, elle se fraya un chemin jusqu’à sa loge, et lui annonça qu’elle ne désirait qu’une seule chose pour son anniversaire.

Alors, il la poussa dans sa limousine, lui servit drogues et alcool, et l’emmena avec lui dans la suite présidentielle de son hôtel de banlieue.

Donna était vierge mais ne ressenti aucune douleur. Prince était doux et passionné, il savait comment aimer une femme. Lorsque la tête chercheuse de son sexe trouva l’entrée de l’astérolide écarlate, Donna étouffa un cri de surprise puis se laissa aller aux plaisirs mystérieux et extatiques de l’Amour en s’abandonnant totalement dans les bras de son idole.

Le lendemain matin, Donna trouva du sang dans sa culotte et des hématomes à l’intérieur de ses cuisses. Elle s’enfuit de l’hôtel et rentra pieds nus chez elle, en marchant sur les pelouses des maisons du bord de route encore humides de rosée.

Deux jours plus tard, on pouvait lire dans les gros titres du journal local : « LE SUICIDE DE LA REINE DU LYCÉE DU SACRED HEART CHOQUE LA POPULATION DE RED BANK.».

« Quel gâchis, soupira Prince dans l’avion en jetant le journal sur le siège vide à côté de lui. A croire que la mort d’une belle jeune fille incarne-t-elle sans aucun doute la quintessence de la poésie. »


Une nouvelle de © Anna Plassan