La surprise – Autre nouveau titre de Rémi Parson.

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A peine après avoir fait le plein de notre réservoir sensoriel avec Du pétrole, Rémi Parson livre La surprise, le deuxième titre de son EP à paraitre chez Isolaa Records demain, le 27 janvier. Face A, milieu de soirée, la dansante mélancolie façon boîte à rythme vintage et synthé fier, un double gin comme carburant dans une main légèrement euphorique et les yeux dans les yeux, l’envie à la lutte avec l’hédonisme clairvoyant. Face B, fin de soirée, une clope consumée dans une main résignée, l’euphorie passagère noyée au fond du Tanqueray, le regard qui cherche le sol. Game over. Retour à soi. À la réalité.

Ce Janus de la pop continue son travail de sape d’un genre pourtant souvent tenté par la surenchère de douceurs sucrées façon pâtisserie orientale. Aucun de risque de diabète avec Rémi Parson. Après un Précipitations qui déployait les méandres de sa nouvelle quête musicale, il avait déjà réussi à marquer son territoire singulier avec un EP (Montauban) dense et radical, façon profession de foi en 4 titres seulement : l’ambition exigeante du tube épuré, le refus du compromis, le rejet de l’artifice inutile comme fil directeur.

Avec ce deux titres il va encore un peu plus loin, désosse, dégraisse, lime, et ponce encore. Même si ça fait mal, que la chair est à vif il faut exorciser ces années de frustration résignée, il faut affronter et assumer cette lucidité qui ne le quitte que rarement. La surprise enfonce le clou d’une radicalité qui avait déjà donné des merveilles comme Été maussade ou Rue Caussat. Cassant, sombre, froid et pourtant toujours aussi mélodieux, entêtant, irrésistible. Des textes encore plus ramassés et plus acérés (« J’ai connu plus inattendu que ton parfum sur ma peau« ). Tour de force pop.

Que le montalbanais soit talentueux n’est plus une surprise.

Qu’il arrive encore à nous surprendre est une bonne nouvelle et laisse espérer un prochain album de haute volée.


© Matthieu Dufour