Rémi Parson – Nouvel album – Journal de bord – 7

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09.09.2017

Voilà, c’est fini.

Un peu téléphoné, mais cela a le mérite d’être clair. J’ai coché la case « album » dans mon cahier orné d’un échassier écarlate. Les chansons s’empilent quant à elles dans un petit dossier bleu sur l’ordinateur, comme huit Pringles dans leur tube de carton.

Voilà bien des mois que je portais ce projet. Même et surtout, lorsque je manquais une occasion de m’y atteler vraiment ; prétextant une nécessaire infusion transcendantale, ou rien du tout, tout à l’exploration de cinquante nuances de la glandouille. Un ange de cartoon sur l’épaule me susurra souvent à l’oreille :

– Fais comme tu veux, si ça te fait plaisir de rater ta vie, vas-y, fonce.

L’enfoiré. Mais le fait est que dans l’ensemble, il pourrait être fier de moi. Ne serait-ce que pour les quelques dernières semaines, au cours desquelles j’ai mis un coup de collier comme on dit chez moi, ou plutôt, j’ai « sorti la boîte à claques ». Cette expression, je la tiens je crois, du père d’un copain de jeunesse. Il l’avait lâchée sur l’autoroute, probablement à bord d’une 309 Chorus, quelque part entre l’aire de Campsas et celle du Neauze Vert. Nous rentrions du tournoi de streetball Blacktop Challenge 1995 qui s’était tenu à Toulouse (reportez-vous à ma deuxième interview sur ce même blog et vous me verrez porter le T-shirt commémoratif de l’événement, devant l’ancienne gare routière du quartier montalbanais de Villebourbon – ce qui démontre que je n’ai pas beaucoup grandi depuis mes 13 ans et explique la suite). Nous avions perdu tous nos matchs, d’une façon pathétique et je suppose que Gérard (?), Dominique (?), employait cette savoureuse formule dans sa forme négative. Vous n’avez PAS sorti la boîte à claques. Rosse, mais il avait raison.

Rien de tout ça pour ce qui nous intéresse aujourd’hui. Par lassitude ou authentique mousson inspiratoire, tout s’est enfin et bien goupillé ; les paroles sur ma langue, les clarinettes logicielles, jusqu’au point final. Soulagement et fierté.

Je coupe le ruban d’une autre impatience. Pour ces morceaux piochés à grand-peine, c’est le toilettage, la cure d’hormone qui se profilent. Ça va être bien aussi. Je vous raconterai.


Rémi Parson – Londres – Septembre 2017