Rémi Parson – Nouvel Album – Journal de bord – 6.

Rémi-2


11.06.17

Me revoilà déjà. Parce qu’il est en train de se passer quelque chose de notable dans ce processus ; je fais la nique au quotidien. Ce dernier, saturé de boulot (les soldes, LES SOLDES !) et de café filtre – par décilitres, si bien que le ventre gonfle, et le nombril tiraille douloureusement, comme accroché à l’intestin par une épingle à nourrice – ne devrait pourtant laisser place qu’à une catatonie canapéiste, au mieux à une hémiplégie playstationienne. Mais à mes heures résiduelles, je compose, et à vive allure par-dessus le marché. C’est très inattendu. *Insérez ici la métaphore de vanne qui s’ouvre, de quelque pontage à succès*. Et rien d’automatique en plus, de l’inspiré.

Alors, les collections capsules exclusives me semblent plus irrésistibles en journée, les diamants pavés plus éblouissants. Car j’ai déjà en tête la prochaine nappe de cuivre, l’ultime ascension dans l’aigu. Et dans mon sac à dos ; des poignées de feuilles noires d’hésitation. Sourdent timidement de ce Pont-Euxin de Sharpie, des prescriptions malingres de savant fou ou des rythmes cardiaques comateux, que je m’empresse de tapuscrire, avec l’air soucieux de celui qui traduit des politiques de retour.

Dans un e-mail à mon ami Matthieu, j’ai qualifié l’album en pleine croissance, de « râblé » (quand j’écris ce mot, je vois un lièvre) et de « dans ta gueule » – Rock Sound si vous cherchez un secrétaire de rédaction… – quelle description alléchante. Rendue plus cruelle par le fait que pas une note n’a fuité, pas une strophe. Ce coup-ci, j’ai décidé de garder mes petits canetons de par vers moi, jusqu’au bout. Ça me laisse le champ libre pour gaver tout le monde avec mes digressions bien loukoumesques. Mon entourage est d’une telle endurance et/ou politesse, que personne jusqu’à présent ne m’a dit, « envoie les fichiers mp3 ou ferme-là ». C’est une aventure humaine, vous comprenez ?


Rémi Parson – Londres – Juin 2017