Polar Express – #3.

PE #3


 

Jack Grimwood, Moskva – 6,5/10

Moscou, Noël 85. Le cadavre d’un jeune homme mutilé (et congelé) est retrouvé contre un  mur du Kremlin. Peu après, la fille de l’ambassadeur anglais disparait. C’est à Tom Fox, agent britannique mis au placard, qu’incombe la lourde tâche de la retrouver. Évidemment, le héros devra faire face à de vrais méchants inféodés à quelques vieux puissants du régime prêts à tout pour que le passé ne remonte pas à la surface. Mêlant correctement politique, histoire et triller, Grimwood tient son lecteur en haleine tout au long de polar plutôt bien troussé. Un peu trop classique à mon goût quand même, mais l’hiver russe est parfait pour les soirs de canicule.


Harald Gilbers, Les fils d’Odin – 6/10

Se lançant sur les traces (et le filon) du polar historique à la Philip Kerr, Harald Gilbers nous embarque à Berlin début 45 dans les ruines de l’Allemagne nazie. Ça commence à sentir sérieusement le roussi pour les supporters du IIIème Reich, mais ce n’est pas encore terminé. Richard Oppenheimer, juif et ancien commissaire de la Kripo, se lance dans une enquête malgré la crainte de se faire engloutir par les derniers sursauts du régime. Si Gilbers parvient a restituer l’atmosphère particulière d’un pays à l’agonie, l’enquête en elle-même n’est pas particulièrement haletante. Manquant de rythme et de tension, l’intrigue est nettement moins convaincante que celles de Maitre Kerr, et le héros bien moins attachant que Bernie Gunther. Bien mais sans plus.


David Young, Stasi Child – 8/10

Très bon polar situé dans la RDA des années 70. Une adolescente est retrouvée morte au pied du Mur de Berlin. Essayait-elle de fuir à l’Ouest ? Piste évidemment trop évidente… Malgré les ordres de ses supérieurs qui cherchent à étouffer l’affaire, la policière persiste et poursuit ses recherches. Malgré les ordres de sa hiérarchie qui cherchent à étouffer l’affaire, l’inspectrice Karin Müller va essayer de reconstituer le parcours. Entre les manipulations de ses supérieurs, le chaos de sa vie privée et les effluves immondes de la vérité qui peu à peu se révèlent, la jeune inspectrice va devoir faire preuve de courage et de volonté pour réussir. Comme souvent, la reconstitution de la vie quotidienne sous ce régime est assez terrifiante. Convaincant et bien tendu.


Luke McCallin, L’homme de Berlin – 7,5/10

Officier de l’Abwehr, Gregor Reinhardt est un homme brisé. Après avoir perdu sa femme (morte dans ses bras), et son fils (engagé sur le front de l’Est), il se retrouve en poste à Sarajevo quand Marija Vukic, une jeune journaliste bosniaque est retrouvée assassinée aux côté d’un membre de la sécurité militaire allemande. Oustachis cruels, partisans déterminés, nazis retors : l’ancien policier de la célèbre Kripo de Berlin, sommé par ses supérieurs de vite retrouver le coupable de ce double meurtre, va devoir plonger dans les eaux troubles d’un pays déchiré. N’ayant plus grand chose à perdre, il se lance corps et âme dans sa mission. Encore un polar historique façon Philip Kerr, et plutôt réussi dans le genre. Personnages ambigus à souhait, trame historique fascinante sans être pesante, intrigue bien menée. À mettre dans sa valise.


© Matthieu Dufour


 

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