Geysir – Interview.

Geysir. Thoré-la-Rochette.

© Mat Jacob


Après l’écoute de leur superbe album, Malsamaj, j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur le duo Geysir (Marie-Céline Leguy et Lionel Laquerrière) Merci à eux pour cet interview.


Quel est votre parcours musical avant Geysir ? 

Nous sommes tous les deux issus de la même petite école de musique de notre « hometown » du Loir et Cher que nous fréquentions dès l’âge de sept ans – et sans nous connaître à cette époque ! Nous avons créé ensemble, fin des années 90, le groupe Nestoisbianca avec lequel nous avons sorti trois albums et bourlingué. Lionel a ensuite fait partie de plusieurs tournées accompagnant ainsi Rubin Steiner, David Delabrosse, Yann Tiersen, Mesparrow, Tiny Feet et composé au sein de Holy Chips, Elektronische Staubband…

Quelle est la genèse de Geysir ? Pourquoi ce groupe, tous les deux, maintenant ?

Alors que Lionel tournait à l’époque beaucoup avec Yann Tiersen, l’envie de partager un nouveau projet de musique instrumentale et électronique et de nous retrouver tous les deux en musique est réapparue. C’était vers 2012. On nous a proposé par la suite de faire un ciné concert sur le film de Richard Fleischer, Le Voyage Fantastique,  qui nous a permis par la suite de sortir un premier EP avec le label Thoré Single Club.

Le disque, et certains morceaux en particuliers (Malsamaj, Melted, Tero, …), sont très émouvants. On voyage beaucoup : quelle était votre intention de départ ? 

La plupart des morceaux sont issus de petits bouts de musique que Lionel avait composé pour un documentaire de Anne Jochum, On a beau tuer les hirondelles. Il s’agit d’une histoire d’un jeune afghan quittant Kaboul dans des conditions qu’on peut malheureusement imaginer et qui donc traverse toute l’Europe et voyage vers son hypothétique futur. C’est ce jeune homme qui nous a inspiré les notions d’universalité, du « sans frontières », des différences. D’autres morceaux, plus vieux, étaient déjà dans une mouvance contemplative, aérienne, spacieuse et sauvage.

Vous aviez un plan précis pour Malsamaj ou l’album s’est fait au fur et à mesure ?

Non pas de plan précis sur l’écriture des morceaux, c’est notre ami Richard Gauvin qui nous a motivé pour passer à la vitesse supérieur et sortir, ce qui serait la première référence du label Figures Libres Records (antenne discographique du festival Les Rockomotives).

Comment composez-vous ? Un morceau part de quoi ? De qui ?

Nous les avons composés ensemble (sauf ceux du documentaire que nous avons réarrangés ensemble). Parfois le morceau part d’une mélodie, parfois d’une rythmique, de Lionel ou de moi… Aucune composition n’est identique. Parfois on entend un son, un groove dans d’autres album et ça nous donne une première direction.

Quelles seraient les éventuelles influences musicales de l’album, s’il y en a ?

La BO du film La leggenda di Kaspar Hauser  (réalisé par Davide Manuli) par  Vitalic a été un petit électrochoc pour nous (tant le film que la musique !) et nous a donné une envie plus intimiste et sensuelle.

 Un mot sur Fred und Luna que vous avez invité sur le disque ?

Nous avons rencontré Rainer lors d’une tournée de Elektronische Staubband (ESB – Thomas Poli, Yann Tiersen et Lionel) en Allemagne. Rainer a fait deux premières parties sur une semaine. Puis nous avons proposé à Richard de le faire jouer aux Rockomotives (depuis il vient chaque année en tant que musicien).

Qui écoutez-vous aujourd’hui ? Des coups de cœur récents ?

Anadol, Uzun Avalar – Thom Yorke, Anima – Buriers – Nick Cave – Mount Kimbie …

Il y a une scène relativement active dans votre région : il y a des connexions ?

Bien sur ! Lionel joue même dans le Thoré Baluche Club avec Romain et Pauline de Ropoporose. Il a également joué dans Holy Chips avec Piano Chat et Funken.

C’est assez compliqué de faire émerger un projet musical en ce moment, quel est votre rapport à la promotion de votre travail, aux réseaux sociaux, … ? 

On a l’impression que tout nous dépasse. Mais on a la chance d’avoir des personnes autour de nous qui nous aident à diffuser au mieux notre musique comme Richard du label, Thomas et Gaetan, tourneurs chez Konsato Music, Vivien et Clarisse de Yotanka avec qui nous avons un contrat d’édition et Jean-Philippe Béraud (Martingale) comme attaché de presse. C’est très appréciable de partager notre projet avec des personnes qui connaissent parfaitement les rouages sensibles du monde de la production phonographique. On essaie tout de même d’être actifs et réactifs sur les réseaux sociaux et de tenir éveillée autant que possible la sortie de notre premier album. Maintenant qu’il est sorti, notre rôle est de le jouer autant que possible sur des scènes et de se remettre à composer dans notre petit home studio.

Quel est votre rapport à la scène, au live ? Vous aimez ça ?

Après avoir joué principalement le ciné-concert, nous avions très envie de retourner à la formule live et de voir les gens commencer à se trémousser et dodeliner de la tête. On adore cette communion, baignée dans le son.

Vous avez ouvert pour Yann Tiersen pendant sa récente tournée, comment c’était ?

C’était un très bon moment et une belle nouvelle expérience. Lionel avait déjà tourné avec Yann, c’était donc chouette pour lui de le retrouver lui et son équipe. Nous avons pu jouer dans de très grandes salles de concert, prestigieuses devant un public qui ne nous connaissait absolument pas. On avait un peu peur de la réaction mais nous avons été très agréablement surpris, notamment en Allemagne.

Quels sont vos projets ? Un second album ? Des concerts ?

Propager au maximum l’album en faisant plein de concerts oui ! C’est vraiment super de pouvoir partir tous les deux dans notre voiture et rencontrer des gens qui se bougent pour faire vivre un lieu, un quartier, une ville, un village. Puis oui, on a bien envie de se remettre rapidement au deuxième album.


Quelques mots sur leur album ici : Geysir – Malsamaj.


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© Jérôme Sevrette