Rémi Parson – Album 3 – Journal de bord – #4.


Entrée 4 | 8/02/2021


Raphaël au bandeau rouge, carapace creusée en habitacle, l’inspecteur gadget qui louche un peu, un œil de chaque côté, un éléphant bleu, pas celui des Kärchers et des fines bulles de zones industrielles, plus loin, je vous épargne quelques hélicos multicolores ; Donald au chapeau ampoulé, Batman aussi, je crois. J’attends la reprise, le ou la prochain(e) petit(e) client(e) pour continuer l’inventaire de la ronde des héros en fibre de verre. Le mât clignote dans mon champ de vision, phare de fun bizarroïde sous l’immense ciel gris. 

Mais avec un temps comme ça, le manège ne tourne pas des masses. Pourtant cela m’occupe de le contempler. Ça, et le talk-show périmé en fond, l’énième partie de Tetris, sans conscience, comme la conduite sur l’autoroute. 11h39, bientôt 15h, la journée se consume (plus sagace, le correcteur automatique me suggère ‘se termine’) sans grand sursaut.

L’album est quasi là. Il va s’appeler ‘Pour un empire’. Jef s’escrime sur les deux derniers morceaux, avec une patience et une dextérité infinies. Ce qui n’est pas toujours évident. Après quelques semaines tatillonnes, on a envie de voir le bout. Et je suis un peu branque, KO debout par moment, dans ce long tunnel de monotonie. Ce qui paraît étrange, car ‘mec, c’est ta passion’ mais entre l’inséparable paire boulot – dodo, parfois, rien ne parvient plus à se glisser. Même les évidences, et le sel de la vie.


© Rémi Parson