Trans Musicales 2021 – 1.


Je ne vais pas tourner autour du pot : la première journée des Trans Musicales 2021 a mis la barre très très haut. En parallèle d’une soirée d’ouverture à l’Ubu chamboulée par l’absence de dernière minute des très attendues Wet Leg, le Théâtre National de Bretagne accueillait pour le premier de ses deux concerts en France, l’Italien Andréa Laszlo De Simone dont l’Immensità avait bouleversé la France il y a quelques mois.

Énorme, monstrueux, fabuleux, magnifique, saisissant, bouleversant, euphorisant : même en abusant de superlatifs, il sera difficile de rendre compte de la performance intense et habitée livrée par l’artiste. Un show sans temps mort enchainant « tubes » chéris et titres plus anciens, variété folk et pop orchestrale, un set puissant et pourtant gorgé d’émotion et de grâce, un spectacle comme une cavalcade en roller coaster, alternant moments de confidences presque intimes et fulgurances quasi-punk. Accompagné, porté, par une espèce de big band hallucinant de maitrise, de force et d’envie (11 musiciens et choristes s’amusant avec leurs cordes, y compris vocales, leurs cuivres ou leurs claviers), fumant clope sur clope, Andrea Laszlo De Simone se donne coeur, corps et âmes à son public comme s’il livrait le concert de sa vie. Avec cette voix qui semble parfois sortie d’un autoradio fatigué sur une route côtière près de Sanremo, sa classe naturelle et son charisme évident, il a remué de nombreux coeurs et chamboulé une salle qui en redemandait encore lors d’une standing ovation enthousiaste et que l’on aurait voulue éternelle.

Fabuleux, vraiment.

En première partie, Brieg Guerveno et ses acolytes ont livré un set très beau et très prenant. Pouvant enfin fouler la scène du TNB, le Briochin se promène avec naturel sur les landes d’une musique qui n’appartient qu’à lui. Cheminant entre folk solaire et rock planant, cordes acoustiques et éclairs électriques, reflets granitiques et ombres mystiques, ses ballades chantées en breton possèdent une véritable intensité qui a embarqué un public conquis, ouvrant parfaitement la voie au Turinois.

Sacrée soirée, tellement « Trans ».


© Matthieu Dufour