Meaning of Tales, nouvelle signature Violette Records.

Photo © Justine Roussel

Attribuée à Paul Éluard et chantée par Daho, la fameuse citation « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » est idéale pour parler dela rencontre entre Carl Egger et Théophile Huau Armani lors d’une soirée chez des amis communs. En effet, lorsque que Carl attaque l’une de ces grilles d’accords virtuoses dont il a le secret, l’oreille de mélomane averti de Théophile se dresse. L’appel de l’harmonie est trop fort pour cet amateur des Fleet Foxes et des groupes des années 70, qui rejoint le guitariste pour poser sa voix sur cette mélodie qui lui semble destinée. Ils ne le savaient pas encore, mais ce coup de foudre musical et cette complicité spontanée venaient de donner naissance à Meaning of Tales, premier groupe français signé par le label franco-britannique Violette Records, dénicheur de talents bruts (Studio Electrophonique, Tigers and Flies) et refuge de songwriters chevronnés (Jim McCulloch).

Si rien ne prédestinait Carl et Théo, qui avaient jusque-là emprunté des parcours musicaux différents, à unir leurs talents (conservatoire assidu dès le plus jeune âge et formation jazz pour l’un, premiers groupes à l’adolescence et influence rock indie anglo-saxonnes pour l’autre), le rendez-vous était bel et bien programmé…

Et deux jours après la soirée, comme mus par une urgence, les deux complices se retrouvent pour partager leurs envies de nouvelles évasions musicales autour de leurs influences réciproques (Beach Boys, Andy Shauf, Nick Drake, Glenn Hansard, …). De séances de composition prolifiques dans un ancien atelier de peintre, en résidences normandes inspirées, de soirée au coin du feu en improvisations sans calcul, les deux artistes se prennent vite au jeu et mettent en boite six titres qui séduiront immédiatement Matt Lockett et Pascal Blua.

Six chansons comme autant de paysages lumineux, suggérés par les fantômes des artistes qui hantent encore Giverny et ses environs. Six titres apaisés qui composent au fur et à mesure une tapisserie panoramique harmonieuse pleine de détails et riche de nuances. Six morceaux tissés par des artisans dont les harmonies vocales s’aventurent sur les chemins escarpés d’arpèges parfois vertigineux et pourtant si accessibles. Six compositions qui nous rappellent que là où il y a de la vie il y a des rêves.

Quelque part entre Simon & Garfunkel et les Kings of Convenience, Meaning of Tales propose une musique bienveillante et empathique à l’image de ses deux compositeurs. Une musique qui évoquera pour certains des souvenirs de jeunesse, sans nostalgie mais avec une infinie tendresse, et téléportera les autres en pleine nature au coucher du soleil. Une musique qui donne raison à Aristote, tant elle adoucira nos mœurs et réjouira nos cœurs. Une musique qui entre dans une autre dimension en live, quand accompagné de quatre autres musiciens tout aussi habités, le groupe prend une ampleur singulière. Quatre voix, une flute et les compositions précieuses des Meaning of Tales s’envolent vers d’autres sommets harmoniques pour embarquer un public porté par la sincérité évidente, la beauté limpide et l’irrésistible force de cette musique hautement contagieuse.


© Matthieu Dufour


artwork © Pascal Blua

Premier titre extrait du ELP qui sortira en octobre.