Interview & Playlist – Christine Ott.

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Quand on est jeune on veut devenir guitariste, chanteur, batteur on pense rarement aux ondes Martenot : comment y êtes vous arrivée ? 

Le hasard d’une belle rencontre avec une grande dame des Ondes Martenot, Françoise Cochet-Métairon.

Même si les choses sont en train de changer, en France on n’aime pas toujours le mélange des genres : pop, chanson, classique, … vous êtes une « touche-à-tout » : c’est le hasard des rencontres, une volonté dès le départ de ne pas rester cantonnée à un genre ?

C’est juste une curiosité naturelle et spontanée. Je pense que c’est un besoin de la société actuelle de tout cloisonner, peut-être que cela rassure, mais cela enferme et stigmatise également les choses. La musique est la même, elle prend juste différentes formes, elle n’a pas de frontière, elle est toujours en mouvance. Terrible ce besoin de mettre les musiciens dans des cases et de leur mettre des étiquettes qui vont éternellement leur coller à la peau et les empêcher d’aller ailleurs. Pour moi, il ne s’agit surtout pas d’être une « touche à tout », c’est juste que j’essaie de rester éveillée et que ma sensibilité et mes goûts sont effectivement éclectiques et me font voyager vers différents univers.

De Tiersen à Radiohead, Venus aux Tindersticks, il y a néanmoins une forte dimension musique indé, c’est lié à la musique que vous aimez écouter ?

Oui, c’est vrai, c’est un courant que j’apprécie, mais j’aime également la musique tzigane, le jazz, la musique répétitive, la musique de piano du 20ème, etc. Peut-être là, comme vous le suggériez, les belles rencontres sur les tournées m’ont plus orientées en un premier temps vers ces groupes de musique, je pense également à un groupe de cœur, Syd Matters et Raphelson. (écoutes possibles sur la playlist)

Si je dis Tiersen, c’est un moment clé dans votre carrière ?

Oui, forcément! çà a été des moments très forts pour moi, nous formions un vrai groupe avec Yann et les autres musiciens.  J’ai découvert aussi la chance de faire de la musique avec une liberté incroyable, avec une belle ambiance, de la chaleur humaine et des amitiés qui durent encore, la chance également de croiser des groupes mythiques et de parcourir le monde.

Satie, Glass, Reich, Debussy… Vous vous y retrouvez ?

Oui, bien sûr ! C’est du bonheur d’écouter ces musiques. Il y a aussi Arvo Pärt, Ravel, et bien d’autres.

Pourquoi avoir dit « oui » à l’invitation de Nesles de venir jouer aux soirées Walden ?

Comme le disait l’article qui présentait mon concert au Quartz de Brest : « …elle s’emploie avec une indéboulonnable passion à brouiller les cartes, pour notre plus grand bonheur  » ou j’aime beaucoup être là où l’on ne m’attend pas. Mais, aussi, la discussion avec Florent Nesles qui m’a présenté la soirée. J’ai aimé l’idée qu’il y soit présenté un « set musical » plus expérimental ou en phase de recherche, à partager avec spontanéité.

Quel regard portez vous sur les scènes françaises actuelles ? Des artistes, des groupes qui vous touchent, vous intéressent ?

A vrai dire, je m’en suis un peu éloignée, un peu déçue par la teneur musicale et celle des textes. Mais, il y a bien sûr des personnes qui me touchent, comme Dominique A, Miossec, Orso (Jesenska) Thiéfaine, les compositions personnelles de Julien Doré, … Je regrette fort la disparition d’ Alain Bashung.

Quelle est votre actualité ? Parlez nous de votre nouvel album.

La sortie de l’album Unworks & Rarities de Oiseaux-Tempête le 13 mai où j’ai posé mes Ondes, notamment sur Eclipse & Sirocco, le morceau d’ouverture.

Et bien entendu, la sortie de mon album Only silence remains le 20 mai.

Sinon, des concerts en musique « contemporaine » avec un répertoire d’Ondes Martenot à Bruxelles et Strasbourg cet été, une série de représentation de ma version en ciné-concert de TABU cet automne sur un film de F.W Murnau et Robert Flaherty à la rentrée.

Pour l’album, je vous invite surtout à en écouter un extrait ! Aujourd’hui, en ligne Disaster, le dernier morceau de l’album, que vous trouverez également en toute fin de ma playlist. Un autre extrait est également déjà en écoute, Sexy Moon.

Vos projets ? D’autres scènes ? Des collaborations à venir ?

Au delà de ce que je viens de vous dire, un nouveau projet en duo « Snowdrops » avec Mathieu Gabry. Quelques dates sont prévues à l’automne, notamment en octobre pour le Festival RhinoJazz à Lyon. Je pense également depuis quelques mois à un projet d’un nouveau concert « carte blanche », entourée de musiciens amis. Actuellement, je me suis penchée sur les mixages des musiques de  » Tabu » et  » Snowdrops  » en vue de sorties d’albums et EP. Dans un avenir un peu plus lointain, j’ai l’intention de me lancer dans la composition pour orchestre.

Pour finir, un récent coup de coeur ? Film, livre, disque…

J’aime beaucoup les livres de Francis Danemark.

Le deuxième album du groupe  » Low Roar  » pour la musique

C’est d’ailleurs le premier morceau de l’album qui ouvre la playlist…


La playlist de Christine Ott

1h20 de mix ; des coups de coeurs à travers les styles, de grands classiques et des trésors cachés, des sources d’inspirations, des productions d’amis et des collaborations de coeur… Belle écoute !

Gizehcast #28 – An exclusive guest mix by Christine Ott

Low Roar – Breathe in {from 0 – Tonequake records} 0:00 > 7:17

Syd Matters – Me and my horses (feat. CO) {from Ghost Days – Because Music} 7:17 > 13:25

Bruno Fleutelot – From the vineyard (feat. Raphelson) {from Roter Berg – Eglantine Records } 13:25 > 15:48

This immortal coil – Ostia (feat. Bonnie Prince BillyDAAU, CO) {from The dark age of love – Ici, d’ailleurs} 15:48 > 21:05

Arvo Pärt – Cantus In memory of Benjamin Britten {from Tabula Rasa – ECM} 21:05 > 25:54

Karen Tanaka – The song of songs (by Joan Jeanrenaud) {New Albion records} 25:54 > 33:59

Robert Moran – Music From The Towers Of The Moon part I (interpreted by Balanescu Quartet) {from Plays Byrne/Moran/Lurie/Torke – Argo} 33:59 > 36:40

Jean-Philippe Goude – L’homme dévasté (feat CO) {from Aux Solitudes – Ici, d’ailleurs} 36:40 > 43:23

Snowdrops – Ticapica ouverture {from Le passage des anges soundtrack} 43:23 > 46:31

Jack the ripper – White men in black {from Ladies first – Village Vert} 46:31 > 51:30

Frederic D. Oberland – Scene VI {from Peregrinus Ubique – VoxxoV / Gazzarra} 51:30 > 57:40

Regina Spektor – Us {from Soviet kitsch – Sire} 57:40 > 1:02:28

B R OAD WAY – Caution wet floor {from Live 2006 – Facto records} 1:02:28 > 1:08:30

Björk – Storm {from Drawing Restraint 9 – One Little Indian} 1:08:30 > 1:13:10

Christine Ott – Disaster {from Only Silence Remains – Gizeh} 1:13:10 > end

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