Breaking The Wave – Skin Is The Limit.

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Photo & Artwork © Stéphane Merveille


Que dire de Skin Is The Limit, le dernier album de Breaking The Wave (Matthieu Malon + Joseph Mars), si ce n’est qu’il s’agit peut-être du disque le plus jouissif de l’année ?

Libre et foisonnant, Skin Is The Limit est une grenade électro-pop-rock dégoupillée à la face des pisse-froids et autres casse-couilles du quotidien, une arme de sensations massives à la trajectoire folle et imprévisible, une course contre la montre effrénée, une fusion bouillante de sons, sensuelle, dense, complexe et pourtant immédiate.

Imaginez que le monde s’écroule, crame, que la terre se meurt, que les hommes s’entretuent (toute ressemblance avec des faits existants ne serait évidemment que pure coïncidence) et qu’il ne vous reste plus que la musique pour supporter ce chaos qui se rapproche ? Il n’y aurait alors plus d’autre enjeu que le plaisir brut et immédiat, le plaisir du jeu, celui de repousser ses propres limites en déconstruisant tout ce que l’on a appris, en se lançant à cœur perdu dans une cavalcade musicale épique. Lâcher la bride et voir où tout cela nous mène. Probablement pas aussi loin que l’on voudrait, mais le voyage aurait un précieux parfum de liberté et un goût sacrément intense : celui d’une vie encore possible.

Accompagnés par Philippe Entressangle à la batterie, les deux compères ont également convié Édith Fambuena et Johan Ledoux pour participer une joyeuse et luxuriante orgie sonique sans autres limites que celles de leurs envies et de leur imagination. Qu’ils fassent 2:11, 8:14 ou 5:04, qu’ils jouent la carte d’une surenchère furieuse ou d’une mélancolie joliment lucide, les dix morceaux de l’album recèlent de trouvailles et de surprises qui se libèrent au gré des écoutes et composent un ensemble d’une puissance et d’une efficacité redoutables.

Passionnant, addictif et irrésistible (à moins d’avoir déjà renoncé).

Kif musical de l’année (sur la ligne mais haut la main).


© Matthieu Dufour