Rémi Parson – Album 3 – Journal de bord – #5.


Entrée 5 | 23/03/2021


Je viens de relancer un pot de café. J’écoute la version masterisée de Les sentiments, premier single pressenti, qu’on va tenter d’aller cliper sous peu. Et c’est beau. Je commence à la vivre telle quelle. J’entends par là que je commence à sentir que je ne me poserai bientôt plus la question de telle ou telle fréquence star, de tel souffle qu’on a laissé filer au coin d’un couplet, ou d’un motif de synthé qui au moment de la photo de classe passait la main dans ses cheveux ou fermait les yeux. Ça se passe toujours ainsi, ce glissement de l’analytique, de l’écoute sur-active, à l’acceptation, à la vraie cohabitation avec ce que l’on a fait. J’ai hâte à vrai dire.

Mais tout va aller très vite à présent. Une fois ses neuf camarades pomponnées, vaccinées contre le doute, je vais lancer le pressage. La pochette est quasi prête, inspiration sublime de mon ami Jo. Puis clip, donc. Et voilà. Si Dieu veut, Pour un empire sera peut-être de sortie avant l’été. 

J’ai besoin de cette urgence. Certains recueils, on a envie d’effeuiller le truc façon lancinant super glamour, d’autres non. C’est le cas pour celui-ci. Je le veux dehors (et je me battrai fort pour lui, si je le peux) très brusquement. À l’inverse de sa conception, en dent de scie, lambine. Je me rends compte qu’il vient de loin, qu’il était déjà un peu bulleux, bourgeon, au moment des autres, déjà lors de l’EP Montauban, en 2015-16. Comme la chanson Gavarnie par exemple. Randonnée muette, percée de grêle, pendant des années dans mes téléphones et que je vais être immensément heureux de partager enfin.

Ce bric et ce broc, ces sources multiples, que j’ai pu dire maigrelettes, où je suis allé puiser, c’est ce qui a fini par me satisfaire ici. Je sais que malgré tout, je vais aimer creuser dans ces collages qui jointent plus ou moins bien mais qui me dessinent parfaitement, décollé sur les bords, pégueux. Et j’avoue, j’espère que vous aussi. 


© Rémi Parson