Terres Neuves.

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Tentative d’hommage avec ce texte inspiré du magnifique travail de Jérôme Sevrette (lire son ITW ici : des hommes et des lieux) dont la nouvelle exposition Terres Neuves démarre le 18 octobre à l’artothèque de Vitré.


(un jour)…nous prendrons la mer, mon ombre sa lumière et moi, nous glisserons dans l’obscurité naissante et joyeuse en quête de nouvelles aires de je, lancés vers les eaux de là-bas, profondeurs émotives au-delà des sombres océans, ces lieux où s’alignent les horizons, les alizés et les signes de la déraison : objectif lune, traversée de ces décors désertés par nos corps ébahis, courants porteurs des eaux rusées, amères, mortes…(un jour)…nous partirons au jour défunt, lorsque la terre ferme aura pris l’eau, quand la folie des hommes aura achevé de détruire ce qui restait de beauté crépusculaire, à la nuit profonde, à bord de cette caravelle fantôme, les amarres larguées de nos cœurs décimés, nous sourirons aux flots épatés par tant de bonté perdue : voyage abyssal à la découverte des limbes, architecture fractale de ces espaces inconnus, ivresse de la lenteur, du silence, nouveau monde, clair obscur…(un jour)

Un jour nous prendrons la mer

Mon ombre sa lumière et moi

Et nous irons pour toi

Les Terres Fleuves

Découvrir

(demain)…nous prendrons l’air, mon ombre sa beauté et moi, dans la pénombre pleine de la nuit montée nous filerons légers, ivres et joyeux, libérés nous irons à l’amble par les chemins célestes, délestés, nous volerons ensemble l’espace d’une nuit bleutée dans le ciel constellé aux côtés des fantômes des musiciens trop tôt disparus, et emportés par les vents soufflés nous imprimerons le ciel anthracite de nos empreintes millénaires…(demain)…nous filerons les étoiles pour découvrir les secrets des trous noirs, de l’espoir et du soir, l’air de rien nous serons comme ces pionniers, ces convois, cette trace vierge de présence, nous irons jusqu’au bout pour ouvrir cette ère nouvelle qu’appellent de leurs vœux les hommes dans la pénombre enfin réveillés, il y aura dans l’air des embruns elliptiques, vibrionnant à leur tour, un parfum d’aventure nocturne, un nouvel horizon, et de nouvelles chansons…(demain)

Demain nous prendrons l’air

Mon ombre sa lumière et moi

Et nous irons pour toi

Les Terres Veuves

Refleurir

(aujourd’hui)… mon amour il est temps, prenons la terre, toi et moi, et nos ombres déportées, en silence bien calées dans nos pas, ici et maintenant parcourons les continents engloutis, remontons le long de ces anciens fleuves sacrés à la recherche des cités d’art, partons juste un peu avant l’aube, tu sais quand tout est encore plus sombre, nos silhouettes esquissées labourent la terre, le charbon et le plomb, emportés par la lumière crue de nos vies revêtues nous allons par les chemins célébrer les mille et unes nuances du noir de nos destins nus…(aujourd’hui)…les incendies acclament notre passage, guident nos pas aériens, dans la lueur des éphémères quelques traces de poussière de cette terre alignée, c’est la nuit qui embellit, qui grandit et révèle, nous découvrons les secrets de la beauté des pierres et de leur lumière, nous aimons les angles, les tours et leurs figures grisées, leurs fissures, leurs fêlures, nous vivons…(aujourd’hui)

Aujourd’hui nous prenons la terre

Toi moi nos ombres leur lumière

Et allons dès maintenant

Les Terres Neuves

Accueillir

…nous y bâtirons notre empire intime et secret, ouvert et réinventé sur les antiques vestiges dévastés de ces monuments enruinés…nous ouvrirons cette ère neuve et fertile à nos compagnons de voyage…et à la nuit revenue nous chanterons l’éternité de ces terres nouvelles et de leur lumineuse profondeur…nous fêterons leurs émois revenus, leurs erreurs pardonnées, leurs futur dessinés, les images de ces paysages réanimés…et la sérénité de nos âmes retrouvées…

J’ai fendu les mers pour en récolter le sel

J’ai fendu le ciel pour en boire l’éther

J’ai fendu la terre : j’en extrais le miel

Terres Neuves

© la mue des chimères

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