Fête Souterraine – 13 mars : Joseph Fisher, Thomas Mery, Mendelson.

Mendelson un vendredi 13 à l’Olympic Café pour une nouvelle Fête Souterraine, ils n’ont peur de rien.

Mais tout devrait bien se passer.

C’est Joseph Fisher qui ouvre la soirée. Peu de monde aujourd’hui en France chante comme lui la réalité quotidienne de l’amour et de ses vicissitudes avec autant de justesse et de finesse, il trouve les mots, qui sont souvent les nôtres, pour décrire avec subtilité les hauts et les bas de ces relations auxquelles de toute façon personne ne comprendra jamais rien. Alors autant en faire de jolies chansons. Sa langue ne s’égare jamais dans des images inutiles, trouvant toujours le bon ton, avec cette poésie réaliste teintée d’ironie et de lucidité. En formation réduite, les chansons se mettent au diapason d’une soirée qui ne risque pas de sombrer dans la grosse déconnade : elles prennent leur temps, se font plus sinueuses, la voix se colore de plus de gris que d’habitude. Du coup l’adaptation réussie de Joy Division fait comme chez elle.

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Thomas Mery débarque alors avec sa chaise et sa guitare. Je ne connais que de nom et je m’attends à une prestation folk de plus. Le choc sera d’autant plus violent. Encore debout alors que le public visiblement averti s’est assis je suis saisi dès les premières notes, dès les premiers mots. Sans aucune protection humaine devant, je me prends un parpaing de poésie en pleine face. Étonnant mélange de densité et de finesse, la musique de Thomas Mery, me fige et m’émeut. La salle se laisse aller à une douce séance de communion mystique et se remplit de cette matière vive, incandescente et douce. C’est beau, fascinant, prenant. Je viens d’assister au spectacle d’un troubadour underground.

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Arrive alors Mendelson, Pascal Bouaziz donc, avec Jean-Michel Pirès, Pierre-Yves Louis et Quentin Rollet, un mythe à l’Olympic Café. La musique de Mendelson fait partie de ces secrets que l’on se transmet dans l’obscurité des nuits sans fin. La force quotidienne du mal, Il n’y a pas d’autre rêve, … sont des émotions qu’il est difficile de décrire et de partager. C’est souvent de l’ordre de l’intime, de l’indicible. En live l’émotion est différente mais toute aussi forte. La présence d’autres personnes autour de moi semble étrange mais la communion s’installe rapidement. De longs moments de transe s’épanouissent dans les méandres du delta de ces pièces poétiques et ténébreuses, interrompues par l’humour ravageur de Pascal Bouaziz. C’est noir, épuré, parfois abstrait, c’est surtout libre et singulier. Rare et beau.

Heureusement quand même qu’on n’était pas dimanche soir. À la prochaine.

Matthieu Dufour

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