A suivre – OMOH – Is leading nowhere

a2280247767_10


Si la musique est la bande son idéale des saisons inégales, des saisons qui défilent inlassablement, inéluctablement, alors le nouvel EP d’OMOH tombe à pic. Nappes synth-pop alanguies qui s’étirent et se resserrent, boucles éléctro cotonneuses, tous les indices d’un changement d’humeur sont réunis. L’été est terminé, place au cortège des matins frais et des nuits qui s’allongent. La saison des doutes est revenue, celle des souvenirs qui parfois serrent le cœur, celle des nuances et des brumes. Les pas se figent sur les pistes de danses pour laisser place à un ballet de corps en slow motion, des figures enlacées, des couples incertains. Finalement seule la voix troublante de la sensuelle Marie-Flore vient apporter un peu d’espoir, de chair troublée et de certitude dans cette affaire, à cette musique idéale pour accompagner le spleen qui s’installe. Une lumière au fond du décor.

Si les morceaux de cette musique aérienne semblent flotter dans l’air ambiant, s’enrouler autour de vos questionnements métaphysiques, ce n’est pas par légèreté ou facilité, non, la densité tantôt lyrique, voire épique, tantôt romantique et définitivement mélancolique des compositions soignées du duo semble capable de créer une brèche dans la théorie de la gravitation, voire remettre en cause le principe même de l’attraction terrestre. A déguster sans modération dès que le brouillard monte ou que le jour s’échappe. Vous mènera exactement là où vous aurez besoin d’aller.


Matthieu Dufour