Festival Walden – Interview – Emmanuelle Parrenin.

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© Philippe Lebruman


Bonjour Emmanuelle, vous êtes connue comme l’une des pionnières de la scène folk française, pourriez-vous présenter votre parcours artistique ?

J’ai eu très tôt la chance de nager dans la musique, mon père avait crée le Quatuor Parrenin, un quatuor à cordes qui a sillonné le monde et participé à beaucoup de créations d’oeuvres contemporaines. Adolescente je jouais de la guitare (j’ai tout oublié depuis) et à 18 ans j’ai commencé à fréquenter le Centre Américain et ai rencontré une belle bande de musiciens folk et trad.C’est là que j’ai commencé à jouer des instruments traditionnels (dulcimer, puis épinette puis vielle à roue, puis harpe, dans cet ordre). Nous avons écumé ensemble les campagnes profondes pour enregistrer des chants relayés d’oreille à oreille (ce qu’on appelle la tradition orale) et crée le premier folk club, le Bourdon, en 1969. S’en suivirent de grands festivals folk à travers la France. J’ai tourné dans divers formations jusqu’en 1975 (Gentiane,  Mélusine) puis j’ai rencontré Bruno Menny et nous avons crée ensemble Maison Rose. Ensuite je me suis tourné vers la danse contemporaine et les musiques de spectacles. Puis vers le soin avec le son, la musicothérapie. Enfin, j’ai rencontré une autre belle bande, les disques Bien, avec qui j’ai sorti mon deuxième album, Maison Cube, 34 ans après le premier.

Est-ce qu’il y a des artistes de la scène actuelle qui vous semblent porter une forme de « filiation » de ce que vous et d’autres ont fait à cette époque ?

Il y a une scène de jeunes français intéressante avec des artistes comme Sourdure, le collectif La Novia, Eloïse Decazes, Léonore Boulanger, Marion Cousin et Gaspar Claus. J’aime aussi suivre la Verbothèque de Dick Annegarn. J’ai aussi été touchée par ma rencontre avec Serafina Steer il y a quelques années.

Pourquoi avoir accepté l’invitation de Nesles pour ce Festival Walden ?

NeslesNesles m’a sollicitée il y a quelques années dans une période de transition, ça m’a touché et donné envie de le suivre dans ses aventures. Sous son élan j’ai joué à la Maison de la Poésie et il m’est apparu naturel d’accepter son invitation pour le Festival Walden quelques mois après.

Vous allez partager la scène avec des artistes aux univers parfois éloignés, cette mixité, cette multi-culturalité vous plait ?

Je reviens tout juste du Festival des Musiques Sacrées, à Fès, où la mixité des cultures était le fil conducteur. Je me suis toujours intéressée à mélanger les couleurs d’instruments, les styles,  ça continue à être mon présent, j’aime jouer par exemple avec des musiciens de la scène free jazz ou électro.

Vous aimez le live ?

Oui bien sûr, j’avoue même rêver d’une autre forme de concert où il n’y aurait pas de scène, une expérience plus interactive avec le public. Je pense développer cette idée prochainement.

Le Festival rassemble des artistes qui chantent en français, quel est votre rapport à cette langue maternelle ?

C’est la seule que je connais, j’aime inventer des langues imaginaires. J’ai eu la chance de rencontrer Flop et nous avons collaboré ensemble pour les textes de Maison Cube et de l’album à paraitre Maison Vide.

Quels sont vos projets proches et futurs ?

Je continue à collaborer avec des musiciens très différents. J’ai collaboré avec Pierre Bastien, Etienne Jaumet et Jeff Eat Gas avec qui j’ai sorti un maxi récemment, et des musiciens de la scène improvisée comme le contrebassiste Fred Marty avec qui je jouerai au Festival Walden. Je continue à jouer aussi en solo, dans une forme plus intimiste. Je m’apprête à rejouer en Angleterre à l’automne prochain, la dernière fois que j’y ai séjourné c’était pour suivre la tournée des Yardbirds, je portais encore des socquettes !

Quel titre avez-vous sélectionné pour la compilation du Festival ? Pourquoi ?

« Entre Moi « est une compositions récente, un inédit de l’album à paraitre Maison Vide. Cela m’a fait plaisir de l’offrir à Nesles et au Festival.

Des récentes découvertes, des coups de cœur du moment ? Musique, poésie, cinéma, …

J’avais été émue par No Land’s Song au cinéma il y a quelques temps. En ce moment j’écoute beaucoup Albert Marcoeur, Steve Reich,  et toujours des musiques traditionnelles du désert. Je suis aussi très sensible au silence et au son du vent dans les arbres que j’aime par dessus tout.

Merci Emmanuelle !

Merci Matthieu


© Interview Matthieu Dufour


Emmanuelle Parrenin ouvrira le Festival Walden à FGO – Barbara le jeudi 22 juin en compagnie de Rémi ParsonRémi Parson et MY Concubine