Fête Souterraine – 22 février : Le Flegmatic, Le Bâtiment, Nicolas Paugam, Orso Jesenska.

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Hier soir, la chanson française décomplexée avait une nouvelle fois rendez-vous au sous-sol de l’Olympic Café pour une Fête Souterraine au plateau alléchant : Le Flegmatic, Le Bâtiment, Nicolas Paugam et Orso Jesenska. Dimanche soir et vacances obligent, le public était un peu plus clairsemé que d’habitude, donnant une dimension plus intime à cette belle soirée.


Le Flegmatic (accompagné de Michael Wookey) ouvre donc la soirée avec ses morceaux immédiatement familiers et irrésistibles. À l’apparence douce et modeste, ses chansons dissimulées derrière de petites mélodies nonchalantes révèlent une toxicité vénéneuse et caustique. Tel un conteur sadique du quotidien, un troubadour vengeur des temps modernes, il chante nos vies tristement dérisoires, la province belle et moche, la routine des amours gâchées, le monde qui tourne carré avec élégance et auto-dérision. Avec le sourire aux lèvres, il entaille sa prose réaliste de flèches acides et acérées qui déchirent la chair de nos âmes fragiles comme autant de banderilles plantées en plein coeur. C’est drôle, juste, intelligent, poétique et doucement euphorisant. J’adore.

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Dans un registre musical différent mais avec une prose pas moins lucide, Le Bâtiment enchaine avec son genre de blues lui aussi teinté d’auto-dérision et de réalisme cru(el). Une voix qui attrape et ne desserre pas son étreinte, une vraie présence, une énergie intense mais posée, tellurique, qui installent dans la salle un silence impressionné, une véritable émotion, palpable, une communion avec cet univers singulier. Une sacrée personnalité. Vraiment content de l’avoir enfin vu après l’avoir raté au Festival de janvier.

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Pour différentes raisons vraiment pas très passionnantes j’ai raté une grande partie du set de Nicolas Paugam (désolé Nicolas) que j’avais déjà vu lors d’une fête précédente. Mais je constate qu’il emballe toujours le public avec sa fusion énergique et singulière, entre rock et jazz, musique brésilienne et chanson française. Çe bouge, ça envoie, c’est dense et maitrisé.

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Le moment tant attendu pour terminer : accompagné de l’incontournable et talentueux Mocke, arrive alors Orso Jesenska dont le sublime album Effacer la mer est attendu courant mars (Chronique – Orso Jesenska – Effacer la mer). Démarrant son set par un titre de l’album précédent (Agrigente), Orso distille en toute simplicité sa musique à la « beauté qui tremble » avec douceur et assurance. L’émotion et les vibrations sont bien là. Habité par la beauté de ces morceaux à la grâce souvent bouleversante, le marseillais touche et émeut naturellement tant sa musique apparait comme une évidence. Un baume apaisant sur nos plaies mêmes modestes. Une lumière chaude et douce. Un espoir ténu, mais tenace.

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