Live Report – MaMa Festival – Jour 1 (14 octobre 2015)

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La programmation éclectique du MaMa mixant jeunes pousses en vogue, valeurs sures et icônes ressuscitées, oblige les festivaliers à des choix parfois drastiques. Qui de Jambinai ou de Verveine découverts aux Trans 2014 retourner voir ? Faut-il privilégier la jeune garde pop The Pirouettes ou retourner voir les Innocents revenus ? L’avantage de la quasi-unité de lieu est que ces choix peuvent se faire au dernier moment, être mouvants et que la frustration d’un renoncement fait souvent place à de belles surprises.


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Côté « on refait le concert », un vrai moment de bonheur au Divan du monde en fin de soirée avec Les Innocents : le génial Jipé Nataf et son complice JC Urbain retrouvé. Un set brillant, décontracté, euphorisant : le talent est évidemment toujours là et les nouvelles pépites du dernier album (Love qui peut, Les Philharmonies martiennes…) ne dénotent pas dans le chapelet de tubes que la salle reprend avec un plaisir non feint malgré quelques faussetés (Colore, Un monde parfait, L’autre Finistère, …). Jipé plaisante, JC plane, les harmonies sont toujours aussi planantes et réussies, la complicité n’a visiblement pas été fragilisée par les années d’éloignement. La salle est chaude et le public aux anges. Un soir parfait.


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Quelques heures plutôt, sur la même scène, une bonne surprise. Bristol, le dernier projet de Marc Collin se révèle être plutôt puissant en live. Après la new-wave passée à la moulinette bossa nova, place au trip-hop façon soundtrack des 60’s. Autant le disque m’avait moins touché que le Nouvelle Vague, autant le set d’hier soir était vraiment bon. Classe et touchant, incarné. Une vraie intensité dramatique, une vraie puissance émotionnelle dans l’interprétation d’une chanteuse magnétique et d’un Jim Bauer très touchant. Classe spleen. Mélancolie vintage sous les yeux d’Elodie Frégé. Vraiment bien. Top trip.


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Entre les deux, une super découverte, le groupe Israélien The Angelcy, big band façon orchestre des balkans de la mer rouge. C’est foutraque mais brillant, joyeux mais teinté de mélancolie, festif mais concerné. Un joyeux bordel musical qui met la salle dans un état d’euphorie béate. Ça danse, ça tape dans les mains, ça transpire. Visiblement quelques fans avaient fait le déplacement pour applaudir la joyeuse troupe de Rotem Bar Or. Des musiciens talentueux, une énergie folle (mon dieu ces percussions), une générosité et un sens du partage bluffants. Un voyage qui fait un bien fou à la tête et au corps.


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Un peu plus tôt, j’ai essayé d’aller voir Radio Elvis à La Boule Noire. Mais la jeune garde des festivaliers et la hype avaient fait exploser la jauge de la salle. Un peu trop de monde pour moi. Heureusement j’avais déjà eu ma dose d’Elvis un peu plus tôt à La Cigale. Elvis Perkins et sa bande avaient idéalement lancé la soirée. Un public encore un peu clairsemé mais connaisseur et esthète (parmi le quel Vincent Théval) semblait apprécier le privilège d’accueillir cette musique bénie, ce folk à la somptueuse beauté classique qui ose s’aventurer sur des chemins de traverses (country, pop,..) mais qui surtout et avant tout possède un truc imparable : une âme, qui fait de ces morceaux des joyaux qui semblent condenser une partie de ce la musique produit de plus touchant, de plus beau depuis des décennies.


Au milieu de tout ça, un long passage par le théâtre de l’Atalante pour les deux tiers de la soirée Tomboy Lab avec le retour à Paris du folk vaudou auvergnat de Pain Noir et la tension mélancolique des vignettes musicales de Blondino.

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Balades poétiques, instantanés de vie, spleen froid mais lumineux. Portés par la voix de Tiphaine Lozupone, à la fois douce et sûre d’elle, portant ce détachement hypnotique tout en nuance, les mots de Blondino font mouche et installent une atmosphère délicate et éthérée, cinématographique et émouvante.


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Quel plaisir de revoir François-Régis Croisier sur scène. Ses chansons sont pour moi des classiques essentiels : De l’île (en version extended et flottante), La retenue, toujours placée pour le titre de meilleure chanson en français de ces dix dernières années ou encore le magnifique Lever les sorts. Célébrant quelques jours en avance la nouvelle sortie de son album, Pain Noir seul en scène distille ces pépites de sa voix légèrement rayée. Des compositions intemporelles qui ne me quitteront probablement jamais.