Live Report – Soirée Walden : Robi + Nesles – La Manufacture (12 mai 2016).

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Moi qui ai toujours aimé chez les artistes les imperfections, les fêlures, les maladresses des débuts, la fraîcheur des premières, les mises en danger, les remises en question, j’ai été largement servi hier soir à la première des trois nouvelles soirées Walden.

Après l’ouverture de la soirée par un Nesles égal à lui-même (mais sans ses lapins, probablement recouverts de moutarde au fond d’une cocotte Le Creuset) : généreux, possédé par ses mots, enjoué, charmeur (à lire ici : Live Report Soirée Walden LOU + Nesles), c’est Robi qui débarquait dans une formule inédite, accompagnée du seul Valentin Durup à la guitare et de ses propres mains sur un clavier Yamaha vintage rescapé des années 90.

Après plus d’une année de tournée dans une formule scénique complète et rodée, il faut un certain culot et un courage certain pour se présenter presqu’à nu à quelques dizaines de spectateurs précédemment conquis par un disque à la beauté crépusculaire et hypnotique et probablement ressortis emballés de l’un de ces beaux concerts denses et habités un soir de 2015 (Lire ici : Live Report – Robi au Pan Piper)

Si la tension inhérente à ce genre d’exercice est palpable, l’envie et le plaisir prennent vite le dessus dans un set épatant de sincérité et de moments suspendus. Les chansons de l’album que je trouvais déjà dépouillées et sans apparats inutiles (à lire ici : Chronique – Robi – La cavale) sont balancées dans des versions encore plus dégraissées, à l’os. La force des bonnes chansons qui peuvent résister aux traitements les plus sadiques. Je me surprends à les réécouter comme si elles étaient nouvelles (Par ta bouche, magnifique, Le Chaos superbe, et je pourrais toutes les citer). Deux nouveaux titres prometteurs qui du coup semblent naturellement à leur place dans l’intensité de l’instant.

Dans la salle, entre les morceaux, entre les couplets, les spectateurs retiennent leur souffle se demandant ce qui les attend au tournant. Entre le café concert, la soirée privée et la répétition en public dans une cave ou un garage du New-York de la fin des années 70, entre happening new-wave et création unique, il y avait une tension pleine d’énergie positive dans l’air moite de la salle de La Manufacture.

C’était imparfait, touchant, punk, saisissant, vrai, intime, fascinant, expérimental, radical, improbable, émouvant, minimaliste, dense, étonnant, chaotique, beau.

Merci Robi : un jour je pourrai en effet dire « j’y étais ».


Matthieu Dufour


PS : Merci Nesles de permettre à tout cela d’arriver : LOU, Robi au clavier, Christine Ott ce soir, Naïm Amor demain et tout le reste.


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