Live Report – Soirées Walden : Christine Ott – La Manufacture Chansons (13 mai 2016)

DSCF8822Christine Ott est une magicienne humble et talentueuse. Ses dons sont rares et précieux. Ce n’est pas un hasard si d’autres enchanteurs comme Tiersen, Syd Matters ou Radiohead l’ont appelée pour réaliser de nouveaux tours de magie. Christine Ott est capable de suspendre le temps, d’abolir les frontières, de vous téléporter dans le Los Angeles du futur ou la Polynésie du passé. Invitée par Florent Nesles pour ces nouvelles soirées Walden (dont l’éclectisme se révèle de plus en plus fascinant au fil des sessions), c’est sans ses Ondes Martenot mais au piano qu’elle se livre à un public captivé par ses prouesses au clavier. Retenant son souffle jusqu’à la dernière note, laissant planer dans la salle de la Manufacture une ou deux secondes de silence quasi-religieux après cette dernière note histoire d’être certains que le morceau est bien terminé, les spectateurs, plutôt habitués aux échappées folk, pop, rock de Nesles et de ses invités, semblent sous le charme. Pour moi, le choc est comparable en surprise et en émotion aux harmonies vocales des Facteurs Chevaux. Car Christine Ott, en plus de nous faire voyager dans l’espace et le temps, possède le plus précieux des talents artistiques : celui de vous reconnecter avec l’enfance, libre et insouciante, dure et lumineuse, riche en embruns de couleur et en effluves sonores diffuses. Un vendredi soir sur la terre, une parenthèse enchantée au rythme des envolées pianistiques de Christine Ott, les yeux rivés tour à tour sur l’artiste totalement habitée par sa musique et cet écran où des images défilent, extraits de films, montages épousant les mouvements de mains de cette ensorceleuse au sourire contagieux. C’était incroyablement beau et émouvant. Comme un rêve, une trouée de lumière dans un quotidien dont la grisaille semble avoir du mal à se dissiper. Envoutant.

La musique panoramique de Christine Ott est magique et délicate.

Lunaire et mélancolique.

Joyeuse et hypnotique.

Merci Christine Ott.

Merci Florent Nesles.


Matthieu Dufour