Cerise Teatr, un nouveau clip pour Rémi Parson.

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Le petit jour, quelque part sur la terre.

Et moi, immobile sur le seuil de ce cocon bientôt asséché. Regard en coin sur feu notre amour. Un jour on s’était promis d’être heureux, c’est compromis, on vit sans feu. Trop peu, trop court, trop vieux. Silencieux, j’observe le calme après la tempête, je cherche ses gestes absents de l’appartement, un nid sans autre vie que celle de ces plantes qu’elle aimait tant. Dehors des bourrasques capricieuses agitent la cime des arbres voisins, géants malades remués par son départ. Tout, ici et autour de moi, se souvient de ses courbes et de ses emportements, de son rire foudroyant et de ses reproches assassins, de ses élans et de mes chutes. Les disques que nous écoutions sont les seuls vestiges de notre passion passée. Et cette photo, témoin muet de ces quelques mois d’émois incandescents. Même Tintin et Milou me rappellent la beauté fatale de son sillage éblouissant. Pourtant, quand le soir va débarquer avec son sourire narquois et son cortège de promesses non tenues, je n’aurai toujours pas les réponses à mes questions. La déchéance ? La gloire ? Moi non plus je ne connaitrai pas la fin de l’histoire. Mais c’est peut-être mieux ainsi.

Réalisé par Jo Anatole, le clip elliptique de Cerise Teatr laisse libre cours à notre imagination, offrant le décor idéal à ce nouvel extrait du dernier album de Rémi Parson, Arrière-pays (chez Isolaa Records). Typique son « savoir-faire » (mélodie catchy, boite à rythme sexy, synthés et guitare mélancoliques, textes incisifs, …), ce morceau façon cadavre exquis tire son titre de la lecture de Cœur de chien de Mikhaïl Boulgakov. Pas vraiment étonnant, si l’on considère l’extra-lucidité et la plume parfois acerbe du français qui partage avec l’écrivain russe un goût prononcé (et salvateur) pour la satire de ses contemporains, de leurs relations et des dérives du monde soi-disant moderne.

Un joli clip qui clôt l’année pop en beauté et rappelle que l’un des tous meilleurs disques de 2019 est sorti en 2018…


© Matthieu Dufour



Chronique d’Arrière-pays

Interview de Rémi Parson